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01 Mar 2018

GIE DE LA SOURCE : les secrets de la réussite

01 Mar 2018

photo Michel Welter Lallemand Animal Nutrition
 
« J’ai fait le choix de la prévention de la sécurisation, en valorisant ce que nous produisons sur l’élevage notamment les fourrages pour optimiser le potentiel de mes animaux et pour toutes ces raisons j’ai décidé de travailler avec les solutions Lallemand.»
 
 
 
Michel Welter – Responsable de la ferme GIE DE LA SOURCE et Ferme Pilote Lallemand
 
Michel pouvez-vous nous dire quel a été votre parcours avant d’intégrer le projet de la ferme des 1000 vaches ?

« J’ai eu 3 étapes dans ma vie :

  • La première est la recherche appliquée en gestion fourragère ITCF (Arvalis).
  • La seconde étape : agriculteur de 1996 à 2008 (ferme familiale en Lorraine). En 2008, envie de changer, de respirer intellectuellement, car j’étais arrivé au bout de mon projet sur l’exploitation familiale. Je n’avais pas de successeur sur la ferme et une réelle envie de changer.
  • La troisième étape : la ferme des 1000 vaches. À l’origine ce n’était absolument pas pour aller faire et réaliser un modèle qui n’existait pas en France (1000 vaches laitières). Cela a été une opportunité, car le modèle a été créé une fois que nous avons commencé à travailler ensemble avec Michel Ramery. Le projet d’origine était de piloter une ferme laitière de 200 vaches. »

 
Quels sont selon vous les critères les plus importants dans le management d’un élevage de 1000 vaches laitières ?
« Quand on a commencé à imaginer le projet, nous sommes partis à l’étranger. À l’étranger nous avons appris une chose fondamentale, les Français nous sommes les champions du monde de la gestion d’une vache, mais nous ne savons pas gérer un troupeau. En France, nous sommes toujours habitués à corriger les effets d’une mauvaise conduite sur «une vache». A l’étranger on apprend à s’arranger pour qu’il n’y ait pas de dégâts sur le troupeau, donc ce qui compte c’est la prévention, les indicateurs qui permettent de mesurer une dérive et mettre en œuvre tous les éléments pour éviter que le problème se pose. On parle plutôt de santé par l’alimentation que de santé par le soin. Un des vrais sujets c’est d’éviter le gaspillage, ça commence déjà par ne produire que les fourrages dont on a besoin et bien les conserver. Tout un travail sur l’ensilage qui est souvent analysé au champ, or le plus important c’est ce que mange l’animal à l’auge. Ensuite, il faut éviter toutes les causes de mortalité « qui peuvent être évitées », par exemple les veaux. Souvent les veaux meurent car ils attrapent des pathologies liées à une mauvaise immunité. Dans notre élevage, l’animal le plus important est la vache tarie, il est primordial de l’alimenter de telle sorte qu’on arrive à favoriser la production d’immunoglobulines (anticorps) dans le colostrum. Pour cela, nous utilisons un cocktail de solutions dédiées à l’immunité comprenant le MELOFEED (extrait de jus de melon riche en SOD), de l’ALKOSEL (selenium organique) et le LEVUCELL SC (levure vivante spécifique).

Aujourd’hui, l’ensemble des solutions que nous avons mis en place pour l’alimentation, un cocktail de solutions (minérales et additives), permettent de fabriquer un colostrum de qualité et de renforcer les défenses naturelles des veaux. Nous préférons avoir cette approche de prévention et de stimulation qui nous semble être une démarche durable et saine pour les animaux plutôt que de les réhydrater, et de leur donner des antibiotiques. Nous n’avons pas de rupture dans la supplémentation que nous apportons du veau jusqu’à la vache de réforme et on s’est rendu compte que la mortalité du troupeau (hors mortalité au vêlage) est inférieure à 1%. En 2 ans, nous sommes passés de 30 mois au vêlage à 23-24 mois, uniquement en stimulant la croissance des animaux ce qui se traduit évidemment par de meilleurs résultats économiques de l’élevage.»

Peut-on avoir 1 000 vaches et rester « animalier » ?
« On ne peut pas avoir 1000 vaches si on n’est pas animalier c’est la règle de base. Il y a quelques années nous sommes allés visiter des fermes en Espagne et ce qui m’a marqué c’est que souvent la gestion technique est assurée par des vétérinaires et on était accompagnés de notre vétérinaire qui a demandé « comment gérez-vous les animaux malades? ». Le vétérinaire Espagnole nous a répondu « quand j’ai une vache malade c’est que j’ai mal fait mon travail ». La gestion des grands troupeaux c’est éviter d’avoir des problèmes et pour cela il faut s’occuper de l’état globale du troupeau et non d’un individu. Le temps passé sur un animal c’est du temps non consacré au troupeau. Pour consacrer son temps au troupeau il faut sécuriser, nous dépensons de l’argent pour assurer une bonne santé du troupeau. »
 
Comment gérez-vous le bien-être animal ?
« La notion de bien-être animal est déjà une question compliquée, il faut arrêter de considérer qu’une vache a les mêmes besoins que nous humains. C’est un vrai choc culturel pour les consommateurs. La vache doit passer au moins 14 heures couchée. Elle doit se poser 14 heures pour ruminer tranquillement. Autre point fondamental c’est un accès à une eau de qualité en permanence. Pour que la vache se repose 14 heures par jour, il faut que en 5-6 heures elle ait réussi à ingurgiter une alimentation de qualité (fraîche) à disposition et accessible en permanence, et qu’elle ait un couchage confortable pour ruminer. Il est donc primordial de faire en sorte que la vache soit couchée 14 heures par jour, qu’elle rumine et que l’on arrive à contrôler le stress thermique qui est aujourd’hui un vrai sujet en élevage laitier.
Dès que les températures dépassent 25°C c’est une catastrophe. Pour éviter cela, il faut évidemment que les animaux aient accès à une ration qui ne soit pas chaude comme c’est très souvent le cas dans les élevages (l’ensilage chauffe), pour pouvoir apporter un fourrage frais il faut bien le conserver. Aujourd’hui nous utilisons le LEVUCELL SC (levure spécifique ruminant) qui favorise la rumination et l’équilibre microbiologique et thermique du rumen des animaux.
Comme pour les humains : si tu manges sainement tu vivras sainement, c’est aussi vrai pour les vaches. »
 
Quels sont selon vous les critères d’un bon bâtiment ?
« Un bon bâtiment, en fonction de la région où l’on se trouve c’est un bon parapluie ou un bon parasol. C’est-à-dire 4 poteaux pour tenir un toit pour éviter que la pluie tombe, ou pour maintenir les animaux à l’ombre. Surtout très haut et très ventilé avec le moins d’obstacles possibles. »

vaches dans bâtiment d'élevage Lallemand Michel Welter ferme GIE DE LA SOURCE
 
Quels sont pour vous les secrets de la réussite de bons fourrages ?

« Nous avons essentiellement des fourrages conservés humides sur l’exploitation (ensilage d’herbe, de maïs ou de céréales). Les secrets de la réussite d’un bon fourrage :

fourrage Michel Welter ferme GIE DE LA SOURCE

  • Premièrement récolter au bon moment, ni trop tôt ni trop tard.
  • Deuxièmement : c’est la confection d’un bon silo c’est-à-dire bien tasser et compacter en couche fine, un bon bâchage pour éviter que l’oxygène n’entre.
  • Troisièmement : ajouter des conservateurs (gamme LALSIL) aujourd’hui ma religion m’interdit d’ensiler sans conservateur quel que soit l’ensilage. C’est onéreux et ça peut faire peur en investissement mais ça représente environ 10% du prix d’une tonne d’ensilage, mais si on évite 20% de pertes c’est plus que rentable. Entre le champ et l’auge il y a tout un processus de bonnes pratiques à respecter : tassage, bâchage, utilisation de conservateur. »

 
Comment gérez-vous les effluents d’élevage ?

« On gère deux types d’effluents :

  • Grosse partie du lisier : raclage des logettes
  • Une partie fumier : litières accumulées qui sont curées souvent parce que cela concerne les boxes techniques comme celui de l’infirmerie par exemple. Le lisier passe par un séparateur de phase avec une partie solide qui est stockée sur fumière et qui représente 25-30% du volume et une fraction liquide qui est stockée et épandue aux champs. Depuis plusieurs années, on fait un compostage biologique en ensemençant avec des bactéries (MANURE PRO) qui sont pulvérisées sur les aires paillées et directement au séparateur de phase, ce qui nous permet d’avoir un changement de la forme des effluents qui se transforme et devient de l’humus.
    Le MANURE PRO permet à nos effluents de se transformer en compost, presque du terreau, on peut mettre le bras sur le tas ça sent le sous-bois et c’est sec. On a vu une énorme évolution depuis l’utilisation du MANURE PRO, nos volumes à épandre ont énormément diminué. On a moins de volume mais une augmentation de la matière sèche, et on conserve l’ensemble des éléments fertilisants. Nos effluents s’épandent donc beaucoup mieux à très faible tonnage, on arrive à descendre à 10-15 T/ha sans difficulté. »