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20 Août 2019

Alimentation de précision : le facteur levure

20 Août 2019

Les effets de la levure vivante spécifique ruminant Saccharomyces cerevisiae CNCM I-1077 sur la dégradation des fibres sont bien documentés. Grâce au mécanisme d’action de la levure vivante, un algorithme pourrait être développé afin de prédire l’effet de la supplémentation sur la digestibilité des aliments lors de l’élaboration de formules destinées aux ruminants.

Construction d’un modèle dynamique

S. cerevisiae CNCM I-1077 (LEVUCELL SC) améliore la dégradation des fibres au détergent neutre (NDF: Neutral Detergent Fiber) dans le rumen, car elle module le microbiote endogène. Nous savons toutefois que cette action peut être modulée par le pH ruminal. En effet, un pH bas est très néfaste pour la microflore ruminale fibrolytique. Par conséquent, plus le pH est bas, plus la dégradabilité des fibres est faible. La stabilisation du pH ruminal est l’autre effet connu de LEVUCELL SC. L’incidence de la levure sur la dégradation des fibres est donc encore plus importante lorsque le pH est bas ou l’alimentation acidogène.
Nous avons évalué l’effet de LEVUCELL SC sur la dégradabilité d’une vaste gamme d’échantillons d’aliments et de fourrages. Nous avons ensuite estimé le pH ruminal en fonction du taux de sucres rapidement fermentescibles de la ration. Grâce à cette information, il nous a été possible d’établir un algorithme prédisant le pourcentage d’énergie disponible supplémentaire dans la ration en présence de ce modificateur ruminal. En tenant compte de la cinétique de dégradation des fibres et de l’environnement ruminal (pH), nous proposons une nouvelle approche dynamique pour la formulation des aliments. L’innovation a été de créer un système biologique prenant en compte l’activité du microbiote ruminal (Figure).

 

Validation sur le terrain

L’algorithme a été validé en exploitation par le professeur Djamila Lekhal de l’école d’ingénieurs de Purpan à Toulouse, France (Ali Haimoud-Lekhal et al., 2016). Dans cette étude contrôlée, réalisée sur 38 vaches laitières Holstein recevant une alimentation non acidogène à base d’ensilage de maïs, de foin de luzerne et de bicarbonate, la supplémentation en levure vivante a augmenté la production de lait d’1 kg/jour tout en améliorant l’efficacité alimentaire de 6 %. Ce résultat corrobore l’effet prédit avec notre algorithme (+1,1 kg de lait/jour). D’autres études confirment également l’exactitude de la prédiction.

 

Implications sur la formulation des aliments

Ce modèle peut être mis en œuvre à l’usine de fabrication des aliments, au sein des systèmes de formulation, afin de conférer une valeur énergétique à la supplémentation en levure vivante et de contribuer à une alimentation de précision. L’effet de la levure vivante peut être pris en considération pour optimiser la production de lait ou pour réduire les coûts de l’alimentation dans le cadre de formulations à moindre coût.

 

Ref: ALI HAIMOUD-LEKHAL D., CHEVAUX E., PIRON A. Case study: Prediction model evaluation of Saccharomyces cerevisiae I-1077 on dairy cow milk production. (Étude de cas : évaluation par modèle prédictif de l’effet de Saccharomyces cerevisiae I-1077 sur la production de vaches laitières) 23ème Rencontres Recherches Ruminants, 7-8 December 2016, Paris.